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Pourquoi partir à un âge…avancé et après une carrière bien remplie !
20 mars, 2010, 8:28
Classé dans : Non classé

Perpignan le samedi 20 mars 2010    

Beaucoup parmi mes amis ou au sein de ma famille m’ont interrogé sur les raisons de mon départ, y voyant je ne sais quelle motivation judéo-chrétienne, une manière d’investir pour une place assurée en paradis. J’ai tenté d’expliquer cette dette que je ressens par rapport à la société, et le temps que j’ai consacré à cette explication – ou plutôt cette explicitation – m’a empêché de raconter la raison essentielle de ce choix : vivre pour ne pas mourir. Une amie chère m’a transmis un poème de Pablo Neruda et sa traduction, traduction dont je sais si on peut la qualifier de bonne du point de vue linguistique, mais qui en tous cas me convient tout à fait par le message qu’elle véhicule ; je me permets d’inclure sur ce blog le texte en espagnol et sa traduction française : tout y est dit, mais c’est dit avec les viscères du grand Neruda et je sais bien qu’il serait vain de tenter de dire autrement les choses :

Meure lentamente quien no viaja, quien no lee,

Quien no oye música,

Quien no encuentra gracia en sí mismo.

Muere lentamente

Quien destruye su amor propio,

Quien no se deja ayudar.

Muere lentamente,

Quien se transforma en esclavo del hábito

Repitiendo todos los días los mismos trayectos,

Quien no cambia de marca,

No se atreve a cambiar el color de su  vestimenta

O bien no conversa con quien no conoce.

Muere lentamente,

Quien evita una pasión y su remolino de emociones,

Justamente éstas que regresan el brillo a los ojos 

Y  restauran los corazones destrozados.

Muere lentamente,

Quien no gira el volante cuando está infeliz cónsul trabajo, o su amor,

Quien no arriesga lo cierto ni lo incierto para ir atrás de un sueño

Quien no se permite, ni siquiera una vez en su vida,

Huir de los consejos sensatos…

¡ Vive hoy !

¡ Arriesga hoy !

¡ Hazlo hoy !

¡ No te dejes morir lentamente !

¡ NO TE IMPIDAS SER FELIZ !  

    Pablo Neruda  Prix Nobel de Littérature – 1971  Traduction de ce texte de Pablo Neruda 

Il meurt lentement, celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas,

Celui qui n’écoute pas de musique,

Celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement,

Celui qui détruit son amour-propre,

Celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement,

Celui qui devient esclave de l’habitude,

Refaisant tous les jours les mêmes chemins,

Celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

De ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement,

Celui qui évite la passion

Et son tourbillon d’émotions,

Celles qui redonnent la lumière dans les yeux

Et réparent les cœurs blessés. 

Il meurt lentement,

Celui qui ne change pas de cap

Lorsqu’il est malheureux

Au travail ou en amour,

Celui qui ne prend pas de risques

Pour réaliser ses rêves,

Celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

N’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd’hui !

Agis tout de suite !

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d’être heureux ! 

Je serai dès le 23 à Paris pour réapprendre succinctement la réanimation pédiatrique au sein d’une formation internationale, et cela me rassure un peu que l’on m’aide à pratiquer une médecine que je n’ai jamais abordée réellement depuis 40 ans ; puis après un « briefing » de mission le 1er, je décollerai sûrement le 2 avril.                

Pour ce qui est de la mise à jour de ce blog, je sais que l’unité de soins où je vais travailler, à Titao, ne comporte pas de connexion, que le courant électrique est proposé à minima puisqu’il est produit par un groupe électrogène, le village lui-même ne possédant pas l’électricité. Il faut donc se rendre à Yako, par 46 kilomètres de piste, pour profiter des services d’un seul cybercafé, mieux équipé du point de vue connexion que l’hôpital de Yako qui est mon centre d’attache. Cela sera aisé jusqu’en juin car la saison jusque là est l’été et que les pistes sont praticables, puis ensuite ce sera la saison des pluies qui engendre souvent l’enclavement des villages et les difficultés de se déplacer hors de l’agglomération. A bientôt, chers amis, chère famille, depuis le Burkina, et dans tous les cas après le 4 avril. 


Un commentaire
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  1. Gérard Guerre

    Magnifique cri d’espoir.
    Magnifique leçon de vie !
    Comme quoi les poètes sont essentiels
    à l’égal des médecins…

    Bon vent, Jean-Pierre !



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