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Les Lobi, Dagari, Gan, Birifor et apparentés
27 juin, 2010, 18:12
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Les Lobis, arrivés vers le XVIIIe siècle du Ghana et de la Côte d’Ivoire, sont principalement cultivateurs et chasseurs à l’arc occasionnels. Ils ont conservé leurs traditions en résistant à tous les envahisseurs, africains ou colons européens. L’architecture de leurs cases fortifiées en terre cuite, distantes les unes des autres d’une portée de flèche, témoigne de cette histoire. Les Lobis ne possèdent pas de pouvoir centralisé. La seule autorité est celle du père de famille et la femme occupe une place très importante. Féticheurs, sorciers et devins mènent savamment rites initiatiques ou funérailles, ces grandes fêtes réunissant de nombreuses personnes, où le tan, la bière de mil, coule à flot ; ainsi ils profitent de la saison sèche pour fêter les grandes funérailles réunissant de nombreuses personnes. Ce peuple pratique également de nombreuses initiations dont le djoro qui est encore de nos jours un facteur incontournable d’intégration sociale.
Chaque village possède féticheur (prêtre attaché au service d’un fétiche – ou divinité -), sorcier (avec pouvoirs surnaturels), charlatan (= devin). 
Le Pays Lobi

Actuellement à  la frontière du Ghana et de la Côte d’Ivoire, les Lobis seraient originaires du Nord-Ouest du Ghana et auraient migré vers le 18ème siècle. Les principales ethnies de cette région sont au nombre de 7 et ont de nombreux points communs. En plus des Lobi, il y a les Birifor, Dagara, Gan, Dian, Dorossié, Téguessié. Ils sont principalement cultivateurs, et chasseurs occasionnels (à  l’arc).
La particularité de l’ethnie Lobi est surtout d’avoir pu conserver bon nombre de ses traditions en résistant à  tous les envahisseurs, qu’ils fussent africains ou colons européens. Leur architecture (cases fortifiées en terre cuite) témoigne de cette hostilité, avec des cases distantes les unes des autres d’une portée de flèche. Les Lobi sont animistes à  part entière. Ils ne possèdent pas de pouvoir centralisé. La seule autorité est celle du père de famille. La femme occupe une place très importante.
Ils profitent de la saison sèche pour fêter les grandes funérailles réunissant de nombreuses personnes. Le Tan (bière de mil) coule alors à  flot… dans des marchés, des concessions familiales, nous rencontrerons ces autochtones d’un autre temps. Ce peuple pratique également de nombreuses initiations dont le djoro qui est encore de nos jours un facteur incontournable d’intégration sociale.
Chaque village possède féticheur (prêtre attaché au service d’un fétiche – ou divinité -), sorcier (avec pouvoirs surnaturels), charlatan (= devin). 
Le long de la frontière occidentale du Ghana et sur la moitié est de la frontière ivoirienne, dans l’une des régions les plus défavorisées du pays, plusieurs ethnies apparentées, au passé parfois commun, forment l’une des communautés culturellement les riches du pays. Lobi, Dagari, Gan, Birifor, Pwe et Dan se répartissent ainsi un vaste territoire autour des villes de Goua, Lopopéni, Batié, Diébougou et Dissen. Principalement présents au Burkina Faso, ils comptent cependant de nombreux villages au Ghana et en Côte d’Ivoire. Il est commun d’appeler  » Lobi  » cet ensemble d’ethnies sans limiter cette appellation aux Lobi proprement dits. 

lobi1.jpg Photo à gauche : homme dagara de Dissen avec des bandeaux traditionnels (photo C.Costeaux)

Les Lobi, dont le nom signifierait en Lobori (la langue des Lobi) « Enfants de la Forêt « , viendraient du Ghana après avoir traversé le fleuve Mouhoun qui revêt d’ailleurs pour ces populations un caractère sacré. Considérés comme des fermiers, des chasseurs et des éleveurs, ils sont avant tout des guerriers. C’est cette réputation qui fait l’identité profonde des Lobi mais aussi de leurs cousins birifor, gan ou dagari. Tout rappelle chez eux que leur histoire s’est faite des résistances contre les raids des tribus voisines du Guiriko et du Kénédougou et des razzias esclavagistes jusqu’au milieu du XIXe siècle : leurs maisons sont des petits fortins impénétrables et l’arc et ses flèches empoisonnées, dont aujourd’hui encore les populations rurales ne se séparent pas, sont l’emblème de leurs talents guerriers. L’histoire de la résistance Lobi est d’ailleurs très récente puisque tout au long de la période coloniale jusqu’au milieu du XXe siècle les Lobi lancèrent des raids contre les Français et leurs escouades de tirailleurs africains. Les Lobis forment l’une des communautés qui a le plus conservé sa religion traditionnelle. La vénération des esprits des ancêtres et des fétiches est le pivot de leurs croyances. La case des fétiches, située en dehors de la concession familiale, tient lieu de temple où sont pratiqués les rites d’hommage et de divination. Les Lobis croient néanmoins aussi en un être suprême, nommé Thagba, créateur de tous les êtres vivants. Mais, comme chez les Sénoufo, ce Créateur ne peut être contacté que par l’intermédiaire d’esprits de la nature nommés thila. Ces esprits invisibles, parfois bienveillants parfois malins et comme les hommes sujets aux conséquences de leurs vices et vertus, exercent leurs pouvoirs sur toutes choses. Pour entrer en contact avec les esprits, chaque village et chaque hameau a au moins un prêtre fétichiste nommé le thildarL’architecture Lobi est très particulière et se révèle être la plus avancée et la plus belle du Burkina Faso avec bien-sûr celle des Gourounsi Kassena. Les habitations Lobi sont constituées d’une large concession rectangulaire de type forteresse appelée soukala et dont l’entrée se situe sur la terrasse qui n’est traditionnellement accessible qu’avec une échelle que les familles peuvent retirer pour se défendre des attaques. La terrasse ainsi formée par la construction permet de dormir en plein air durant les nuits les plus chaudes précédent l’hivernage. Une cour intérieure permet de protéger les animaux domestiques et de faire la cuisine.  lobi2.jpg 

Photo à droite : une construction typique du pays lobi : soukala en rectangle, sans ouverture latérale, avec une large terrasse et des murs en boudin de terre (photo C.Costeaux).

On reconnait donc facilement les hameaux de cette ethnie. Les strates de banco formées en lignes les différencient en outre particulièrement des formations en « briques ». Il faut d’ailleurs noter que les Gan sont la seule communauté du groupe Lobi qui n’ait pas adopté cette architecture (il s’agit plutôt chez eux de cases rondes assez classiques). Aujourd’hui les Birifor, les Lobi et les Dagari demeurent majoritairement animistes bien que plusieurs communautés chrétiennes se soient formées ces dernières années.

lobi3.jpg

Photo à gauche : enfant de la caste des forgerons de la communauté Birifor dans le village de Koulé (photo C.Costeaux)

La statuaire lobi est la plus célèbre et la plus belle du Burkina Faso. Alors que les Mossi ou les Samo montrent des masques extraordinaires, les Lobi pour honorer leur fétiches et les ancêtres utilisent des statuettes de bois qui sont d’ailleurs aujourd’hui toujours pillées par des pseudos antiquaires ou marchands d’art


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