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L’architecture
15 juillet, 2010, 23:38
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Généralités :

L’architecture constitue un élément important dans l’art burkinabè. Chaque groupe ethnique se remarque dans les traits caractéristiques qu’il donne aux différentes constructions où il évolue. Ainsi :

Sur le plateau central où vivent les mossis, la « zaka » constitue la pièce maîtresse. Elle est formée de cases rondes, en banco recouvertes de toit de chaume. Les greniers sont en grande majorité faits de paille tressée, sur pilotis les mettant à l’abri des rongeurs et des animaux domestiquesLes murs sont recouverts d’argile, sans motifs. L’intérieur comporte les meubles et des ustensiles divers. La natte faite de paille sert de couche à même le sol en terre battue. L’organisation de la zaka tourne autour de la maison du chef de famille qui est de forme rectangulaire.  Chaque épouse dispose d’une case qu’elle partage avec les enfants en bas âge. Les plus grands sont regroupés dans les cases plus excentrées. Un mur en banco relie les cases entre elles et forme l’enceinte de la zaka. Cette disposition vulnérable, se justifie par la sécurité qui régnait dans l’empire mossi où les habitants n’avaient à craindre ni des esclavagistes, ni des invasions étrangères. Les palais royaux sont majestueux ; les plus remarquables sont :

- Le Nayiri de Kokologho : il est la résidence du chef de Kokologho, village situé à une image15.jpgcinquantaine de kilomètres de Ouagadougou sur la route vers Bobo-Dioulasso. C’est une architecture de style soudanien ; le palais a été construit en 1942 par Naba Kaongo, père de l’actuel chef de Kokologho. 
Palais Royal de Kokologho

-Le palais royal du Yatenga : c’est la résidence de Naba Kango qui jouxte l’ancien palais du Yatenga Naba, en ruine. Il est le témoin de l’empire Yatenga, fondé par les mossi, qui avaient déjà créé les royaumes de Tenkodogo et de Ouagadougou. 

-Le palais du Mogho Naba : situé sur un vaste domaine à Ouagadougou, l’actuel palais, en forme de « U » ne peut être visité. Il s’y déroule toutefois la cérémonie du « faux départ » tous les vendredi matin où le public peut y être présent.

Au Sud du pays, occupé par les Gourounsi, les constructions présentent une architecture très caractéristique, dont les traits principaux résident en des concessions très stylisées, ornées de grandes fresques sur les murs extérieurs et les façades internes des cases. Celles-ci sont toujours en terre, mais de formes organiques avec des toits en terrasse, reliées entre elles par des murs de terre massifs, sans ouverture sur l’extérieur. Ces concessions  » Sonrons  » en gourounsi, ressemblent beaucoup à des petits fortins construits autrefois dans un but défensif car partout sévissaient les guerres ethniques. L’architecture gouimage23.jpgrounsi la plus expressive se rencontre dans le village de Tiébélé. Situé à 178 km de Ouagadougou, Tiébélé habité par les Kassena, est connu pour ses peintures murales faites par les femmes. Cette architecture se rencontre également dans les villages de Tiakané et de Tangasso.                               

Case Tiébélé   

L’Ouest du Burkina Faso connaît une autre forme d’architecture marquée par les habitations construites en banco, avec des toits en terrasse, les soukala. Ces toits en terrasse sont accessibles par des échelles en bois et servent pour sécher divers produits ou pour s’y reposer. Le même type d’habitat est largement répandu dans cette zone, que ce soit dans les vieux quartiers Bobo, Dioula de Bobo-Dioulasso, ou à Banfora, chez les Sénoufo, Turka ou Gouin. Cette architecture peut être observée en visitant le palais des chefs traditionnels de Samoroghouan ou le Palais Royal de Kourouma (aux environs de Orodara) ou les villages de Gnasogoni et de Negueni.

Au Sud Ouest, c’est la zone des Lobi et des Dagara. Région limitrophe du Ghana et de la Côte d’Ivoire, ses habitants ont été en perpétuelle lutte contre divers envahisseurs qui les ont contraints à édifier des cases forteresses. L’architecture est marquée par ce style de fortin rectangulaire en banco, avec toiture en terrasseLa porte est la seule ouverture en forme de carrure d’homme et en chicane. Un seul accès mène au toit et constitue la seule source de lumière. Plusieurs pièces se succédant, contiennent divers articles en poterie. Certaines cases possèdent un étage, réservé aux hommes et aux anciens ; le rez-de-chaussée est réservé aux femmes et aux enfants et où se déroulent les activités quotidiennes. Limage32.jpges Sukala Lobi ne sont pas groupées comme le sont chez les Bobo. Le village Lobi est fort étendu, les habitations étant distantes les unes des autres. Que ce soit à Loropéni, Batié, Gaoua, Dolo, Kampti ou Bourom Bourom, les villages présentent cette architecture particulière marquée par un souci défensif !  Soukala Lobi 

Dans le Sahel, l’habitat des peuples nomades, en particulier les Peulh, se caractérise par des cases en forme d’igloo de paille en fibres végétales tressées, adaptées à ce mouvement incessant de déplacements. Tout au long des voies qui mènent vers les grandes villes de cette zone, Dori, Djibo, Gorom-Gorom, leur présence indique un bivouac peulh. Les vieux quartiers de ces cités sahéliennes regroupent des habitations construites en briques adobe. A Djibo, l’architecture de terre se remarque dans les constructions carrées à toit-terrasse hérissé de pignons qui évoquent les Ksour du sud marocain et du sud algérien. La mosquée de Djibo dresse son minaret en pain de sucre et les balustrades de son toit-terrasse en banco ajouré. La région de Gorom-Gorom, habitée par des Touareg en majorité se distingue par leur habitat composé essentiellement de tentes bleues d’où le nom Oudalan donné à la Province signifiant  » Pays des Tentes Bleues « .

La découverte de l’architecture burkinabé passe également par la découverte des édifices religieux notamment :

-Les mosquées : les plus intéressantes sont la mosquée de Dioulassoba à Boimage41.jpgbo-Dioulasso, la mosquée de Ouahabou, la mosquée de Lanfiera, la mosquée de Ramatoulaye, la mosquée de Barani, la mosquée de Bani, la mosquée de Léo, la mosquée de Nam Yiri de Kombissiri.

                                   Mosquée de Dioulassoba à Bobo-Dioulasso

-Les églises : celles qui valent la visite sont la cathédrale de Bobo-Dioulasso, l’église de Kokologho, l’église de Dapoya à Ouagadougou, la Cathédrale de Ouagadougou, l’église de Guiloungou, l’église de Kampti I.

En outre, sousimage51.jpg la colonisation, un courant architectural a été développé, s’inspirant de l’art soudanien ; il se manifeste dans les bâtiments administratifs à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso et particulièrement dans l’actuelle gare ferroviaire de Bobo-Dioulasso (ci-contre).

L’architecture moderne

L’architecture moderne s’exprime dans les nouveaux immeubles qui ont été réalisés dans le cadre de la modernisation des centres urbains.  On la trouve à Ouaga 2000 par exemple, une extension de la ville qui va abriter dans des locaux futuristes l’administration. Des initiatives privées érigent des habitations sous l’inspiration d’architectes alliant la tradition au modernisme. Ce type de réalisations n’est pas sans poser des problèmes : Ouagadougou, à l’image de beaucoup de métropoles africaines, est une ville constamment en chantier. Malheureusement, certains chantiers sont à l’origine de drames, avec l’écroulement de constructions, comme ce qui s’est produit à Ouaga courant juin. Qu’est-ce qui peut bien expliquer pareille situation ? Qu’en est-il de la réglementation en matière de construction ? Que faut-il réunir comme conditions et garanties avant d’engager un chantier de construction ? Ce sont quelques questions posées au président du conseil de l’Ordre des architectures du Burkina, Sylvain Thiombiano.

- »Le Pays » : Comment expliquez-vous les effondrements d’immeubles que l’on observe souvent çà et là ?

-Sylvain Thiombiano : Avant tout propos, je m’incline devant la mémoire de tous ceux qui on perdu la vie dans ces drames, et présente mes sincères condoléances à leurs proches. Pour revenir à la question proprement dite, ce qui arrive est tout simplement imputable au non-respect des textes en matière de construction au Burkina. Sinon des textes existent, qui précisent dans quelles conditions les chantiers doivent être exécutés.-Quelles sont les normes qui doivent être respectées en matière de construction ?

-Dès qu’un maître d’ouvrage, qui peut être une personne physique ou morale, a un projet de construction d’un bâtiment d’une certaine taille, il doit d’abord aller voir un architecte, qui est le maître d’œuvre, c’est-à-dire celui qui dispose d’une formation et est chargé de faire des projets de constructions. En d’autres termes, celui chargé de programmer, de concevoir et de conduire la réalisation de projets. C’est cela, le rôle de l’architecte, qui, en fait, traduit graphiquement les besoins du maître d’ouvrage, c’est-à-dire le nombre de pièces, leur dimension. Au passage, l’architecte se chargera de faire un projet fonctionnel mais également un bâtiment qui garantit toutes les conditions de sécurité dans son exploitation. Après les plans de l’architecte, le maître d’ouvrage doit monter le dossier technique, qui comprend la note de calcul de l’ingénieur, les dimensions des ouvrages en béton armé, c’est-à-dire les semelles, les poteaux, les poutres, les planchers. Pour que l’ingénieur puisse faire son travail, il y a une démarche obligatoire qui est la vérification de la portance du sol, c’est-à-dire la capacité du sol à supporter le poids du bâtiment. Et pour avoir cette portance, il y a un certain nombre d’institutions, comme le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP), qui offrent des prestations en la matière. Elles consistent à faire l’étude du sol pour voir la profondeur à laquelle se trouve le bon sol, c’est-à-dire celui qui a une bonne portance. Ces paramètres, ces valeurs permettront à l’ingénieur de dimensionner les ouvrages en béton armé. Voilà en gros ce qu’il faut. Mais ce n’est pas suffisant pour obtenir un permis de construire. Il faut également une étude de sécurité incendie faite par la brigade des sapeurs-pompiers. Mais des personnes physiques et morales ont été agréées par les sapeurs-pompiers pour offrir ce genre de prestation. Dans certains pays, certains cabinets d’architecture font cette étude. Au Burkina, ce n’est pas encore le cas. Enfin, pour obtenir le permis de construction, il faudra respecter les servitudes urbaines. Dans la ville de Ouaga, par exemple, il y a un certain nombre de règlements qui s’appliquent à la construction de bâtiments. Exemple la distance entre le bâtiment et le mur de clôture ou entre le bâtiment et celui du voisin, ou encore entre le bâtiment à construire et la rue. Ces servitudes varient d’une ville à une autre.

-Que fait l’Ordre des architectes face au non-respect des normes ?

-L’Ordre est un corps constitué, c’est-à-dire créé par le gouvernement pour aider à la réglementation de la profession. Au sein de nos membres, il y a un certain nombre d’actions qu’il faut entreprendre pour le respect de la discipline, de la déontologie et pour la promotion de l’architecture au Burkina. Malheureusement, nous n’avons pas la force publique. Notre rôle est de sensibiliser. Concernant le drame survenu récemment, l’Ordre a saisi le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme afin que des mesures soient prises pour que l’on n’assiste plus à pareil drame. Par rapport au permis de construire, nous avons rencontré les autorités concernées qui ont donc le pouvoir d’instituer et de faire appliquer son principe. Cela pour vous dire que nous n’avons pas, par exemple le pouvoir d’arrêter un chantier qui ne respecterait pas les normes. Si nous avions ce pouvoir, on n’aurait pas hésité à arrêter beaucoup de chantiers et à verbaliser les gens, à amender ceux qui seraient en faute.-Certains architectes ne favorisent-ils pas le non-respect des normes en faisant preuve de complaisance, de manque de fermeté ?

-Peut-être qu’il y en a. Mais je n’ai pas reçu de plainte parce qu’au sein de l’Ordre des architectes, il y a une instance appelée chambre disciplinaire. Si un architecte qui a eu pour mission de concevoir un projet bafoue les règles élémentaires de sécurité, il y a des sanctions pénales et disciplinaires qui lui seront appliquées. Si l’aspect pénal n’est pas de notre ressort, nous sommes compétents par contre en matière disciplinaire, et la chambre en question statue chaque fois qu’elle est saisie pour un cas de manquement de la part d’un architecte. A l’occasion, et suivant les cas, des décisions de suspension, de radiation peuvent être prises. C’est ce qui est prévu par les textes, mais jusque-là je n’ai pas encore pris une décision de ce genre. -Récemment, vous avez claqué la porte au jury du concours d’architecture de la Direction générale de l’architecture, de l’habitat et de la construction (DGAHC). Qu’est-ce qui s’est passé pour que vous adoptiez une telle attitude ?-Dès la prise de fonction du nouveau conseil, que j’ai l’honneur de présider, nous avions rencontré des partenaires : le ministère de la Culture, la mairie de Ouaga, le ministère des Infrastructures, la direction générale de l’Architecture, le projet Zaka, la Brigade des sapeurs-pompiers, etc. Dans ce cadre, on a donc rencontré le directeur général de l’Architecture pour lui demander un certain nombre de choses, parmi lesquelles le souhait que l’organisation des concours d’architecture soit revue afin que la transparence soit assurée, que le concours soit organisé dans de bonnes conditions. Une autre chose que nous avons demandée est la révision des attributions de la direction générale de l’Architecture afin de permettre aux cabinets d’architectes devenus nombreux et sans travail, d’avoir du travail. Nous avons fondé notre demande sur le fait que les 3 architectes du public sont submergés alors que nous, du privé, chômons. C’est une ambiguïté pour nous. Lors d’un CASEM (Conseil d’administration du secteur ministériel) tenu il y a 2 ans, le ministre des Infrastructures, suite à une requête de l’Ordre des architectes, avait demandé la création d’une commission bipartite pour permettre à l’Ordre et à la direction de l’Architecture de discuter pour trouver une formule qui satisfasse toutes les parties. Malheureusement, la DGAHC n’a pas suivi, et nous ne comprenons pas que l’Administration, qui devrait juste jouer un rôle de réglementation, de contrôle, accapare le boulot des cabinets privés. C’est pour toutes ces raisons que nous avons claqué la porte. L’Administration doit recentrer ses prérogatives, qui ne sont plus celles de construction, de réalisation de projets.

-Depuis lors, avez-vous été contacté pour des négociations par exemple ? -Au moment où je vous parle, nous sommes invités à une rencontre avec le ministre de l’Habitat. Pour le moment, nous ne savons pas ce dont il sera question. Toutefois, nous nous disons que notre départ du jury du concours sera évoqué. Peut-être que notre départ a créé un vide et qu’on voudra nous amener à la table de négociation. Si c’est le cas nous sommes disponibles mais il faut que nos préoccupations soient examinées et que nous puissions travailler ensemble à promouvoir la qualité de l’architecture au Burkina.Propos recueillis par Séni Dabo, journaliste au journal  » Le Pays «  

Les villages du Burkina Faso

En brousse, c’esimage61.jpgt à dire dans le monde rural, vous observerez de nombreux villages. Oubliez l’image d’Epinal de la case en paille, la réalité est généralement nettement plus complexe. C’est un habitat relativement dispersé mais les villages obéissent toujours aux mêmes règles : Le noyau de la construction est la concession qui est une cour fermée par un mur d’enceinte et qui constitue l’habitat d’une famille. La notion de concession témoigne de l’esprit du droit coutumier : la terre n’appartient à personne. C’est le chef de terre qui autorise une famille à s’installer et à exploiter la terre. La concession possède un chef qui est en principe le plus ancieimage8.jpgn de la famille. On y trouve aussi les greniers et autres poulaillers propres à la famille. Cette organisation s’est dupliquée dans les quartiers des grandes villes, à cette différence près que pour des questions économiques, on peut voir des membres de familles étrangères habiter une même concession.   Chaque village est dirigé par un chef administratif et un chef de terre. Ce dernier a en charge les questions religieuses ; cette chefferie traditionnelle est héritée du père ou du frère. Les temps forts de la vie du village sont le début et la fin de la saison des pluies ainsi que les funérailles.
On peut facilement observer des fétiches à certains endroits des villages. Ils appartiennent à des familles et sont utilisés pour des sacrifices et autres cérémonies rituelles.
L’organisation des villages varie sensiblement d’une région à l’autre et en fonctionimage9.jpg des ethnies. En fonction de l’ancienneté de la concession, on peut y trouver plusieurs dizaines de logements. Les hommes et les femmes ont des logements respectifs et se rendent visite de façon assez codifiée. Les distances entre les concessions sont assez différentes tout comme les formes et les hauteurs. Tantôt circulaires, tantôt carrées, avec des toits en terrasse ou en chaume, les habitations sont sobres mais efficaces à l’égard du climat. Les matériaux traditionnels sont la terre et le bois. Vous ne pouvez pas visiter le Burkina Faso sans voir des hommes fabriquer des briques en terre. Le bois se fait par contre rare et la déforestation pose problème dans la recherche de matériaux pour les toitures. 
Les villes africaines, et tout particulièrement les capitales, connaissent une explosion démographique due surtout à l’exode rural. Cet exode s’explique par la concentration des infrastructures socio-économiques dans les grandes villes et l’écart de développement grandissant entre villes et campagnes. Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, concentre à elle seule 10% de la population du pays et connaît une urbanisation débridée et une flambée des prix du logement. Ainsi les populations pauvres s’installent à la périphérie de la ville et construisent elles-mêmes leur propre toit sans s’insérer dans les normes urbanistiques de la ville. Ce sont souvent des quartiers non lotis ; au départ les futurs habitants achètent un terrain aux propriétaires fonciers et commencent à y construire leur maison brique par brique. Le secteur de Signoghin appartient à cette catégorie de quartiers spontanés non lotis. Pour faire face aux problèmes qui les assaillent les populations se sont organisées et tentent de négocier avec les autorités communales. Déjà, elles ont effectué le recensement des habitants de la zone, procédé à un relevé topographique pour la voirie, le bornage etc. et ce dossier servira de support pour négocier avec les autorités. De plus grâce à leur organisation, elles parviennent à faire face aux spéculateurs fonciers ; Le développement incontrôlé du point de vue de l’habitat ne permet pas de mettre en place une politique de gestion rationnelle de l’espace dans les centres urbains. Cependant en promouvant une meilleure répartition des richesses du pays entre villes et campagnes et en s’appuyant sur les initiatives des habitants qui s’auto-organisent pour affronter l’âpreté de la vie, il est possible de sortir de l’impasse
 

L’habitat au Burkina Faso

Préambule :

Il n’est pas ici question de faire une étude exhaustive des différents habitats du pays. En effet, les multiples façons de se loger sont innombrables et liées à plusieurs facteurs, ethniques, régionaux, villageois, familiaux, voire même individuels. Aussi nous procèderons comme suit : En divisant le Burkina en trois bandes du au Nord / Sud

  • Au nord une bande Sahélienne
  • Au centre le grand plateau Mosse
  • Au sud une bande dite sud ouest Puis en considérant les zones rurales et urbaines

Zone rurale

Il existe au Buimage10.jpgrkina Faso plusieurs types d’architectures, toutefois certaines caractéristiques principales sont communes à toutes les formes d’habitat traditionnel soit : L’habitation familiale se compose de plusieurs cases ou chambres construites autour d’une cour. Celle-ci est en principe clôturée par un mur d’enceinte qui servait autre fois a la protection contre de potentiels ennemis et aujourd’hui contre l’intrusion intempestive d’animaux sauvages. L’ensemble est presque toujours appelé « concession « . Le chef de famille, ainsi que chacune de ses épouses ou membres de sa famille, possède sa propre chambre. Il y a toujours des pièces et lieux communs à l’ensemble des occupants de la concession. Les hommes possèdent un espace ombragé, tronc d’arbre abattu, banc, ou un hangar de branches et feuillage, ou ils peuvent se retrouver, se reposer et palabrer. Un point d’eau si possible situé a proximité des habitations sert a plusieurs familles voire a tout le village. Un ou plusieurs greniers à céréales sont parties intégrante de l’habitation. Soit dans la maison même, soit à l’extérieur du mur d’enceinte. Généralement, les volailles et petits animaux d’élevage occupent la cour de l’habitation. La toilette corporelle se fait dans un endroit prévu à cet effet, derrière un muret. Il n’y a que très rarement des latrines seules la brousse sert de lieux d’aisances. La construction des cases, quelle soient en banco (briques de terre) ou paille, nécessite beaucoup d’eau. Aussi les constructions s’effectuent la saison de pluies passée, après que les travaux des champs soient achevés, mais avant que l’eau ne commence à manquer. C’est à dire entre décembre et février. La terre des termitières est souvent utilisée comme liant car elle contient une sorte de colle produite par les termites faisant office de ciment. Les particularités de chaque type d’habitat sont liées aux contraintes de l’environnement et au mode de vie des populations. Au nord : Les habitations temporaires des nomades Peul et Bella doivent par nécimage111.jpgessite être pliables légères et facilement transportables. Ces cases sont en forme de dôme composées d’une charpente de branchage recouverte de  » séko  » (nattes de paille tressée). Les Touareg vivent dans des tentes faites de peaux de chèvres cousues et tendues sur de petits troncs de bois mortAu centre :  L’habitat est sédentaire, les cases sont édifiées en banco ou brique d’adobe, elles sont de forme circulaire et ont une toiture conique en paille. Les villages sont composés de plusieurs cases groupées autour de la concession du chef de famille. La hauteur des toits et des murs, ainsi que la disposition des cases dans les concessions varient quelque peu selon les ethnies (Mossi, Bissa, Gourmantché, Sénoufo, Gouin …) Dans le sud et l’ouimage121.jpgest :   Les bâtisses ont une forme orthogonale, et sont construites presque exclusivement en banco. Les toitures sont en terrasses recouvertes de terre battue soutenues par de fortes charpentes de bois. Ce sont les habitations des Gourounsi, Birifor, Bobo, Samo, Marka, Lobi et Dagara. Durant plusieurs siècles,  ces peuples ont eu à se protéger contre les attaques et razzias des autres ethnies, c’est pourquoi leurs concessions et villages ont des allures de forteresses.Néanmoins, l’utilitaire ne s’est pas toujours substitué à l’esthétique ou a l’ésotérique comme le montre l’habitat gourounsi, très richement décoré de symboles et totems animistes.  En pays bobo, certaines maisons possèdent un étage qui ne couvre pas toute la surface du ré de chaussée ; c’est là que ce trouve la chambre de l’homme. Les chambres des autres occupants ; femmes et enfants, la cuisine, sont en bas. D’une manière générale quelques variantes ponctuelles apparaissent selon les ethnies et les régions géographiques.

Zone urbaine

En ville l’habitat traditionnel a subit de grandes mutations. Des logements de type traditionnel se trouvent dans les image131.jpgquartiers populaires dans des zones non loties, généralement construit en briques d’adobe et autres matériaux de récupération puis crépis de ciments ou banco et enfin recouvert de tôles ondulées . Des logements de type  » moyen standing « , se rencontre dans les zones loties. Ils sont la synthèse de l’habitat traditionnel et moderne. Ils sont construits en banco amélioré et en agglomérés de ciment. Les toitures sont en tôle et les ouvertures en menuiserie métalliques Les logements dits de standing se situes dans les quartiers résidentiels et dans les quartiers lotis. Ils sont coûteux mais durables. Construits en matériaux dits définitif avec toiture de qualité avec faut plafond en staff ou dalles isolantes. Les ouvertures sont vitrées et en menuiseries métalliques (acier ou aluminium). Ils sont équipés de tout le confort.  On trouve aussi quelques immeubles à usage de logement collectifs. Les bâtiments a usage de bureaux, commerces, équipements sociaux etc. sont réalisés en immeubles de un a plusieurs étages et sont pour la plupart au centre ville.

Quelques particularismes régionaux ; * Le pays Sénoufo :

image141.jpgAinsi, l’habitat Turka rencontré à Niofila, village typique Turka située à une dizaine de kilomètres de Sindou. La concession traditionnelle Turka est circulaire. On accède à la cour par un vestibule, ( » Fugagõ  » en langue Turka) Ce vestibule est une simple case comportant deux ouvertures.image151.jpg
De là, on aboutit à la cour centrale bordée de cases rondes. 
La concession typique Turka comprend plusieurs bergeries, des poulaillers et plusieurs cases d’habitation : case des ancêtres et des fétiches, des femmes et des hommes célibataires. Aux cases des femmes sont accolées des cuisines rudimentaires.

                                                                  Le vestibule d’entrée « fugagõ «  
 

Le nombre de cases est fonction du nombre d’habitants de la concession. Le chef de famille n’a pas de case fixe. Il séjourne successivement chez chacune de ses épouses selon un ordre préétabli. Les cases Turka sont rondes, image16.jpgconstruites avec de la terre pétrie (banco) moulée en briques crues. Elles sont crépies également en banco. Le toit est en paille tressée déposée sur une charpente en bois.Pour ce qui concerne l’habitat Senoufo traditionnel autre que l’habitat Turka : L’argile est le principal matériau de construction. Cette matière prélevée dans les environs immédiats du  » chantier  » est pétrie avec de l’eau et mélangée de paille et deimage17.jpg bouse de vache (pour protéger l’édifice contre les termites).

                                                                                  Cases en briques de terre 
L’argile une fois pétrie et mélangée, la construction peut s’effectuer selon deux techniques : la construction en colombinage ou celle en briques de terre crue.
• En colombinage : avec l’argile pétrie, on fait des  » boudins  » qui sont ensuite reliés et superposés les uns aux autres. Arrivé à une certaine hauteur, on doit laisser le bâti sécher pendant un à deux jours avant de poursuivre la construction. La construction par colombinage peut prendre ainsi plusieurs jours.
• En briques de terre crue : avec l’argile pétrie, on réalise des briques à l’aide d’un moule. Au cours de la construction les briques sont jointes à l’argile. Cette technique, plus récente, est plus rapide et certainement moins laborieuse que le colombinage.
En pays Sénoufo, la construction d’une case est une œuvre collective à laquelle participe toute la famille et même les voisins. Il n’existe pas d’artisans maçons spécialisés.  Ces cases rondes d’environ trois mètres de diamètre et d’un mètre et demi de hauteur n’ont qu’une seule ouverture: l’entrée basse et ogivale. Cette entrée est fermée par une porte en bois. La toiture en chaume a la forme d’un entonnoir renversé.
Aujourd’hui, à côté de ces cases rondes traditionnelles sénoufo, on trouve parfois des maisons rectangulaires, forme qu’autorise la technique plus récente et importée de la brique de terre crue. 
Les canaris à l’intérieur de la case sont intégrés à la construction, ils séparent ainsi la case en deux compartiments distincts : couchage et rangement.

* L’habitat Kassena

C’est un habitat à plan orthogonal et toiture plate en argamasse. On le retrouve chez les Gurunsi, les Bobo, les Lobi-Dagara. A chaque groupe ethnique correspondront certaines particularités. Quand on prend par exemple l’habitat de type Gurunsi, on se rend compte que cet habitat est très riche et il est fait de formes orthogonales représentant le plus souvent deux huit incrustés l’un dans l’autre. Cet habitat a donc une certaine particularité. Outre le fait que les formes sont agréables, on remarque que la décoration occupe une place très importante dans cet habitat. Dans l’espace culturel Gurunsi, on distingue les Nuni, les Léla, le Puguli et les Nankana, les Sissala, et le Ko.  La concession Gurunsi se compose de plusieurs cases rondes et rectangulaires groupées autour de petites cours privées et de grandes cours communes. La concession peut être petite et ne comporter que 3 ou 4 volumes et quelques murets, mais elle peut aussi former un véritable village (30 volumes) et couvrir 1 ou 2 hectares. Dans ce cas, elle comprendra en plus de petites cours privées, de grandes cours communes. La concession comporte aussi un certain nombre de greniers cylindriques recouverts de toits de chaume, de poulaillers, de porcherie et autres étables. Tous ces éléments sont reliés entre eux par des murs en forme d’arc de cercle, formant un ensemble compact. La concession reste un ensemble fermé sur l’extérieur dans lequel on pénètre généralement que par une seule entrée et parfois une seconde entrée est construite. Les murs, aussi bien en tant qu’éléments d’une case que comme murs limitant la concession ou une cour  » privée  » à l’intérieur de la concession ne sont pas construits en principe d’une façon différente. Ils semblent cependant être adaptés d’une façon beaucoup plus libre à chaque situation particulière. Si un mur bas et large définit dans une cour des zones d’utilisation différentes, il sert aussi de banc ou table. Un peu plus haut, il entoure la cuisine: des renflements servent à ranger toutes sortes d’objets et aussi d’abris aux petits animaux, poules, etc. Des escaliers commodes permettent d’accéder à certaines terrasses. A hauteur convenable, une marche est prolongée le long d’une case pour servir de banc. Certaines cases de femmes ont une porte qui mesure à peine 80 cm de haut, en plus, du côté intérieur un mur en demi cercle d’un diamètre à peine supérieur à la largeur de la porte et pimage19.jpgresque haut que celle-ci, forme un véritable sas. Il n’y a donc pas besoin ni d’ouvrir ni de fermer de porte. Les regards sont arrêtés et aussi les courants d’air. Les ouvertures sont généralement des arcs façonnés. L’habitat des femmes gourunsi est une  » case  » plus ou moins ronde, à toit plat, constitué de deux ronds de diamètre différents qui s’imbriquent, formant une sorte de huit. 

Maison Kassena 

La case des hommes est généralement rectangulaire est certainement due d’une part à l’influence de l’islam et d’autre part à l’évolution de la technique du banco due à la brique d’adobe. Ces différentes cases sont ornées de motifs de couleur et très soignées. Les décorations sont exécutées par les femmes. L’accès aux terrasses (toit plat) se fait par un escalier en terre ou par un tronc d’arbre à deux fourches sur lequel on a aménagé des marches. A hauteur convenable une marche de l’escalier de terre est prolongée le long du mur pour servir de banc. La terrasse est utilisée pour stocker les céréales et pour y dormir à la saison chaude. Tous les matériaux utilisés pour la construction se trouvent dans la nature. Certains matériaux nécessitent une longue préparation avant leur mise en œuvre. Ainsi les briques sont fabriquées à l’avance, de même que le bois sec. Il faut aussi tisser les nattes de secco et de monkam et tresser les cordelettes de da. Pour les murs : terre, paille, eau, bouse de vache Pour le crépi : terre de bouse de vache, cendres, eau  Pour le toit plat (terrasse) : bois de brousse, branches, branchages, terre, eau, bouse de vache, gousse de néré. Pratiquement tous les modes de construction décrits jusqu’à présent se rencontrent chez les Gurunsi ainsi que des combinaisons de leurs éléments. Aussi bien des cases rectangulaires que rondes, des cases rondes à toit de chaume que, chose nouvelle, des cases rondes à toit plat, et comme nous l’avons dit des cases composées de deux ronds plus ou moins imbriqués.

* Le pays Lobi : L’habitat, en pays Lobi, est unimage20.jpg habitat dispersé. La population vivant en petits groupes, les concessions sont très éloignées les unes des autres, jamais à moins  » d’un jet de flèche « .

                                                                               Habitat traditionnel 

Une forteresse ? 

image211.jpgColombins et murs crénelés 

Les Lobi vivent dans de grandes maisons ou  » cuor  » qui ressemblent à des fermes fortifiées. Sans fenêtres, elles ne présentent généralement qu’une seule entrée, étroite et basse. La terrasse en terre battue repose sur de gros pieux en bois. Elle est bordée par un petit mur crénelé derrière lequel les combattants pouvaient s’abriter et tirer des flèches empoisonnées. La maison ne comprend traditionnellement aucune dépendance extérieure. Les greniers se trouvent à l’intérieur et le bétail est rentré chaque soir dans le vestibule central. Mais avec la disparition des conflits armés et de la pratique de la vengeance, l’habitat a évolué et il n’est plus rare aujourd’hui, de trouver greniers, poulaillers ou parc à bœufs à l’extérieur. Plutôt un sanctuaire  » La maison, occupée par le chef de famille, construite de ses mains en terre et sur la terre, est un sanctuaire. Il peut la modifier, l’agrandir, la démolir mais il ne peut pas la vendre. S’il la quitte, elle tombera en ruine et redeviendra terre. «  Le chef de famille en est le prêtre domestique, assisté par sa première épouse, dont la chambre abrite la plupart des autels.  La maison lobi est donc une entité fortifiée, non image221.jpgseulement par sa forme, mais également par un réseau de liens métaphysiques tissé par des puissances spirituelles sacrées appelées thila. 

                                                       Vue sur l’autel de la famille   

Constructioimage231.jpgn : Le choix du terrain sur lequel un Lobi construit sa maison est fonction non seulement des rapports d’alliance qui autorisent le  » prêtre de la terre  » à donner en usage une parcelle, mais également de la réponse à des rituels destinés à détecter l’éventuelle présence de forces contraires, d’ordre matériel ou surnaturel. La première phase de la construction est confiée à un  » traceur  » qui a pour mission de tracer à la houe le périmètre de la maison, après avoir marqué d’un caillou l’entrée et enterré quelques éléments sacrés à l’emplacement du futur sanctuaire domestique. Ensuite, la construction mobilise la collectivité : parents et voisins travaillent à l’élévation des différentes couches de la maison. Les murs sont en effet constitués de 5 ou 6 bandes de terre mélangée à de la paille et à des feuilles hachées, chaque bande mesurant environ 40 cm de hauteur. Les piliers en bois sont posés par les hommes tandis que les femmes s’occupent de damer le toit-terrasse. La terrasse reproduit le plan de la   image24.jpgmaison.

                                                   Une maison-coquillage : maison dégradée laissant apparaître les structures 

La structure de la maison lobi rappelle celle des coquillages que l’on trouve dans le fleuve Mouhoun et qui présente deux surfaces superposées : l’une interne divisée en alvéoles, l’autre externe, reproduisant les mêmes subdivisions. Ainsi la portion de terrasse située au-dessus de chaque chambre d’épouse et à laquelle on accède au moyen d’une échelle, est un espace réservé aux seuls habitants de la chambre. Cet espace est d’ailleurs délimité par un muret en terre. C’est là que, pendant la saison image25.jpgsèche, la femme dort avec ses enfants. Elle y fait également sécher ses récoltes personnelles et notamment le mil qu’elle achète au marché pour fabriquer la bière traditionnelle. 

Plan d’une maison Lobi 
 

Des autels omniprésents : En visitant une maison lobi, on ne peut qu’être frappé par la multitude d’autels, de tailles et de formes variées, qui s’y                image26.jpg trouvent… depuis les grandes structures en terre érigées en face de la porte, au fétiche-sentinelle placé sur le toit, en passant par les différentes poteries contenant les « médicaments » et les autels domestiques à l’intérieur des chambres.

Trou d’accès à la terrasse 

* Habitat peul

Il faut savoir que les peul sont un peuple de nomades au même titre que les touaregs. Etant en perpétuel mouvement, tout doit être déplacé souvent sur des distances souvent image27.jpglongues. D’où la nécessité de disposer d’éléments légers pour la vie traditionnelle : légers mais aussi peu encombrants. L’habitat lui-même est en secco (paille) soutenu par des branches de bois. Le sol est tapissé de sable conformément au milieu culturel des peuls.  Sur les principes de l’habitat peul, il y a lieu de relever que les peuls comme les touaregs sont un peuple nomade. L’habitat est donc sommaire, précaire et constitue même s’il est unique tout l’univers de la communauté, laquelle est en général très réduite.  La case est donc tout l’univers de la vie communautaire des peuls. Elle constitue donc en même temps la cuisine. La case constitue également le lieu de travail particulièrement de la femme. Ainsi on y trouve en général tous les éléments pour traire les vaches de lait quotidien et la confection de beurre. Il est ainsi des gobelets en bois et plusieurs récipients pour ce mode de travail. 

image28.jpgLes accessoires peuls : Les canaris pour l’eau potable ; le lieu pour faire la cuisine ; les différentes calebasses avec les louches (cuillères des traditions) avec les vans pour les protections et les couvertures, avec des sortes de brocs pour pouvoir traire le lait

La case peul constitue aussi le centre commercial. C’est ainsi qu’on y trouve parfois de nombreuses calebasses, gourdes, ou des vans pour le commerce lié à la vie des peuls.  Pour ce qui est du couchage, le lit est à étage et toute la communauté doit pouvoir y vivre. Au bas étage, c’est pour le père et la mère. L’étage est réservé aux enfants. La partie réservée au père et à la mère est tapissée de nattes richement décorées ; chez les Peul, il n’y a pas de matelas. Les nattes en font office. Ainsi, plus un homme aime sa femme, plus il y a de nattes.Le lit peul est donc constitué par deux niveaux : Aimage29.jpgu niveau bas, c’est le couchage du couple. Le nombre de nattes détermine le degré d’affection au image30.jpgsein du couple. Les bois sont stylisés avec souvent le symbole de la maternité qu’on souhaite au couple (photo à gauche). A l’étage, ce sont les enfants qui sont dans le lit supérieur (photo à droite) 


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