Pour aider celles et ceux qui dans le monde n’ont peu ou pas accès aux soins

La production culturelle au Burkina Faso
22 juillet, 2010, 5:17
Classé dans : Non classé

 Aux décours des descriptifs des ethnies, de leurs traditions essentielles, de leurs habitats, d leur cuisine, la suite du blog s’attachera à présenter le Faso au travers de son expression culturelle passée et présente : ce sera donc une série d’articles sur un état des lieux de la culture au Burkina : L’illettrisme, puis la littérature, la poésie, la poésie par les femmes, le théâtre, le cinéma et le FESPACO, la musique, la danse, les contes, la caste des griots Enfin une dernière série sur l’artisanat burlinabè viendra compléter ces recherches, série consistant successivement en des généralités sur l’artisants, puis la pratique des arts plastiques, le SIAO, les masques, les tissus, le travail du cuir, la vannerie, la poterie, la sculpture, les bronzes à la cire perdue, la lutherie, les chaises à palabres, le jeu d’awalé : fabrications (et accessoirement les règles et des stratégies)

laculture.jpg

 La culture a Burkina Faso

S’il est vrai qu’il est des domaines culturels où le Burkina est en pleine effervescence, comme les cultures d’expressions traditionnelles et populaires mais aussi, le cinéma, la musique, la danse (traditionnelle pour une forte part), les approches plus occidentales de la culture telles la littérature, la poésie, le théâtre pourraient être plus développées si le niveau d’éducation intellectuelle des populations n’était si dérisoire autant en milieu urbain que rural, cela sûrement étant étroitement lié au déficit endémique de scolarisation des enfants et d’alphabétisation des adultes.

Le domaine de l’éducation  En vertu de la loi no 013/96/ADP portant loi d’orientation de l’éducation, le français et les langues nationales sont les langues d’enseignement : 

  • Les langues d’enseignement sont le français et les langues nationales
  • D’autres langues sont utilisées comme disciplines d’enseignement

Dans les faits, ce n’est pas si simple que cela peut en avoir l’air. La plupart des expériences tentées pour introduire les langues dans l’enseignement ont échoué. On parle d’alphabétisation pour les langues nationales, mais de scolarisation pour le français. C’est pourquoi seul le français est enseigné, tant au primaire qu’au secondaire. Aucune langue étrangère autre que le français n’est vraiment enseignée au primaire dans les écoles publiques. Au secondaire, deux langues sont ajoutées : l’anglais et l’allemand (ou l’arabe pour les musulmans dans les écoles franco-arabes) Seuls 17 % des enfants réussissent à terminer leur secondaire et à peine 1 % des Burkinabé atteignent le niveau universitaire. Le Burkina connaît un taux d’analphabétisme tellement élevé (80 %) qu’il constitue un véritable goulot d’étranglement au point de vue du développement économique. Parmi les pays d’Afrique subsaharienne, le Burkina reste l’un des pays ayant les taux les plus faibles de scolarisation et les plus forts d’analphabétisme. De plus, on note aussi de très grandes disparités géographiques ; par exemple, le taux d’alphabétisation est de 11,2 % dans la province de la Gnagna mais 53,2% dans celle du Kadiogole ; le taux brut de la scolarisation en 1999-2000 varie de 19,5 % au Sahel à 77,1% au Centre. Par ailleurs, les filles sont nettement sous-représentées avec seulement 40,8 % des élèves des secteurs public et privé en 1999-2000.  Précisons enfin que les manuels d’enseignement sont conçus et réalisés sur le modèle d’enseignement en France, avec parfois quelques touches d’  » africanismes «   pour mériter l’appellation de  » manuels adaptés « . Le ministère de l’Éducation ne tient que peu compte des difficultés des petits Burkinabés qui, en arrivant à l’école, doivent apprendre à parler une langue, à l’écrire et à la lire en même temps qu’elle leur sert d’instrument pour apprendre d’autres disciplines comme le calcul, les sciences, etc.  L’alphabétisation

En ce qui a trait aux langues nationales, il s’agit d’alphabétisation, non de scolarisation. Selon l’Institut national de l’alphabétisation (INA), 24 % des Burkinabés étaient capables en 1994 d’écrire et de s’exprimer dans l’une des 24 langues maternelles faisant l’objet d’un enseignement, mais surtout en mossi (Mooré), en dioula et en fulfuldé. Le taux d’alphabétisation est passé à 26 % en 1997, et un plan décennal d’enseignement de ces langues mis sur pied devrait permettre d’augmenter le nombre d’alphabétisés en langue maternelle d’ici 2010. Pourtant, l’introduction des langues africaines dans le dispositif éducatif constitue l’un des facteurs clés de la rénovation du système éducatif. Dans le domaine de l’alphabétisation-formation, les manuels sont disponibles en 22 langues et mis à la disposition des Centres permanents d’alphabétisation et de formation (CPAF) par les   » opérateurs en alphabétisation « . Rappelons que les langues dans lesquelles les Burkinabés sont alphabétisés sont les suivantes : le Sissala, le Kassena, le Gulmacema, le Dioula, le Dagara, le Lobiri, le San, le Sonraï, le Tamachek, le Bwamu, le Cara, le Zarma, le Haoussa, le Cerma, le Samogo, le Bobo, le Bissa, le Nankana, le Liyélé, le Sikité et le Winen. Beaucoup se demandent à quoi peut bien servir d’apprendre à lire dans sa langue, s’il est à peu près impossible par la suite de trouver des documents écrits dans cette même langue. Le plus souvent, c’est qu’aucun effort n’est fait pour que des documents adaptés soient disponibles dans les villages.

Les écoles bilingues

Il existe aussi des écoles bilingues (français-langues nationales). L’éducation bilingue a été mise au point par le ministère de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation (MEBAM) en 1994 avec l’appui technique et financier de l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO). L’école bilingue est une école de cinq ans de cycle scolaire, au lieu de six ans pour l’école classique, et concilie   » le savoir, le savoir-faire et le savoir-être «   de l’enfant. Dans une école bilingue, la langue maternelle de l’élève est utilisée dès la première année dans une proportion de 90 %, contre 10 % pour le français. Par la suite, le français est graduellement introduit au fil des années en faveur du français pour constituer 90 % des activités pédagogiques à la cinquième année, contre 10 % pour la langue nationale. De deux classes Mooré-français en 1994, l’éducation bilingue, aujourd’hui, compte 41 écoles bilingues expérimentées dans sept langues nationales et le français dans 10 des 13 régions du Burkina Finalement, les lois linguistiques sont quasi inexistantes dans ce pays, à l’exception de l’arrêté no 131 du 3 octobre 1991 portant organisation de la Direction générale de l’Institut national d’alphabétisation. Le plus curieux, c’est que l’Arrêté ne mentionne aucune langue en particulier, si ce n’est de la  » langue française «   et des  » langues nationales «   en général.

L’éducation, clé de toute évolution  Ainsi, sur le site de la Présidence de l’Etat on peut lire : Dans la lutte pour le progrès, la qualité des ressources humaines est un facteur essentiel.  On s’en aperçoit désormais avec plus de lucidité que par le passé. L’expérience de quatre décennies d’indépendance a démontré amplement que l’échec ou les succès mitigés de nos initiatives trouvent souvent leurs origines dans la faiblesse de nos systèmes éducatifs. En Afrique, malheureusement, les indicateurs dans ce domaine sont très faibles. Au Burkina Faso, l’analphabétisme est un vrai fléau social qui ralentit à la fois l’émancipation des individus et l’action de la puissance publique dans la mise en œuvre des processus de croissance. Et la conviction est désormais largement établie que l’avenir des pays africains dépendra, pour une grande part, de la généralisation de l’éducation ainsi que du développement de la recherche scientifique et technique. 

L’éducation doit être considérée, tant par les décideurs africains que par les partenaires du développement, non pas comme un simple   » secteur social «   mais comme un véritable investissement. C’est sous cet angle que l’on doit apprécier les efforts financiers qui lui sont consacrés et que l’on a souvent tort de considérer comme   » non productifs « . La redéfinition des finalités et des objectifs du système éducatif est une urgence qui s’impose à la quasi-totalité des pays africains. Elle implique une remise en question des programmes dominants en mettant l’accent sur une meilleure adéquation entre les filières d’enseignement et les activités qui génèrent la croissance économique. Mais en dehors même de cette inadaptation des contenus, la dispersion ou le manque de coordination des efforts des pays africains constitue aussi un lourd handicap à la rentabilisation optimale de nos investissements financiers, intellectuels et humains. Notre déficit éducatif est également tributaire de nos démarches par trop solitaires ou nationales là où, au contraire, la concertation, l’intégration et les programmes communs devraient être la règle. Il faut y remédier au plus vite. Cela est particulièrement nécessaire dans le domaine scientifique et technologique où le retard de l’Afrique par rapport au reste du monde est des plus cruels. Tous les pays qui ont réussi des avancées décisives sur le chemin du développement n’ont pu le faire qu’en domptant les sciences et la technologie. Au demeurant, ce n’est pas un hasard si la recherche fondamentale ou appliquée est l’un des principaux enjeux de la compétition entre nations industrialisées et, à l’intérieur même des États, entre grands groupes industriels. L’interpellation en ce qui nous concerne est sans ambages : développer en priorité une véritable culture de la science et de la technologie tant chez les élites qu’au niveau de la jeunesse. Il nous faut des plans appropriés de recherche mettant l’accent sur la recherche-développement et encourageant l’innovation technologique à la base. C’est l’un des domaines où le rôle de l’État, ne serait-ce que pour l’impulsion et l’orientation, restera déterminant pendant longtemps. Et le coût exorbitant que cela entraîne ne saurait être une excuse à un désengagement aussi bien de la puissance publique que des investisseurs privés, car ce serait se fermer les portes de l’avenir. Le Burkina Faso connaît mieux que tout autre pays le prix de la non-maîtrise du savoir-faire scientifique et technologique. L’analphabétisme est chez nous un vrai fléau qui, en plus de souligner une injustice criarde, ralentit l’émancipation des individus et limite l’action de l’État en faveur de la croissance car l’outil demeure, pour notre époque historique, l’objectivation de l’homme. Aussi avons-nous entrepris, en dépit des contraintes déjà lourdes, de donner à la recherche un dynamisme nouveau en adéquation avec nos exigences de développement. Nous avons adopté un plan stratégique de la recherche qui affirme le rôle prépondérant de la recherche pour l’accroissement de la productivité et l’amélioration du cadre de vie des populations. Le Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST) en est l’outil de promotion et de coordination. 

Cette action scientifique et technologique pourra, le moment venu, se concentrer sur des domaines particuliers porteurs de croissance ou accélérateurs de progrès. Nous pensons à l’instant même au secteur des télécommunications, pour ne citer que cet exemple. Et rien n’interdit qu’un pays dépourvu de ressources puisse exceller dans un domaine si sophistiqué. L’histoire est d’ailleurs en cela une source d’éclairage très sûre. Jusqu’à la fin du XVe siècle, l’Europe ne se distinguait guère des autres continents. Elle ne disposait pas d’atouts technologiques décisifs par rapport à l’Asie ou à l’Afrique. C’est l’intervention ou l’utilisation déterminée des nouvelles techniques de navigation, de communication, qui a permis l’ouverture de ce que les historiens appellent  » les temps modernes «   ou  » les grandes découvertes « . Les explorations puis la colonisation et la domination du reste du monde proviennent de là. La domination marquée de l’Occident sur les autres parties du monde a depuis lors changé de forme tout au long des siècles mais ne s’est affaiblie à aucun moment depuis 1492. Bien au contraire, elle s’est renforcée à chaque étape, devenant de plus en plus subtile, puisqu’elle a désormais investi les modes de pensée, de vie et les formes d’organisation sociale et politique. Chacune des étapes franchies correspond à de nouvelles découvertes et à des progrès souvent spectaculaires en matière de communication.  Les techniques nouvelles de la communication, notamment le réseau internet et les inforoutes, anéantissent de nos jours les distances géographiques et rendent le savoir accessible à toutes les régions du monde. Elles offrent à l’Afrique une opportunité exceptionnelle pour développer avec intelligence et hardiesse la qualité de ses ressources humaines. Aujourd’hui la révolution informatique transforme, à un rythme accéléré, les conditions d’existence des sociétés. Elle risque, si le continent n’a pas de sursaut salutaire, de laisser l’Afrique dans un état de marginalisation aggravée. Comme pour beaucoup d’autres choses, l’Afrique doit, là aussi, absorber sans se renier. Conformément à ce que soutient l’UNESCO, une large diffusion de l’instruction et de l’éducation est le meilleur facteur de soutien au développement. Mais il nous faut débarrasser nos systèmes éducatifs des tares qui favorisent l’extraversion de nos sociétés. L’école de l’Afrique doit s’intégrer à son milieu et œuvrer à promouvoir à la fois ses valeurs essentielles et ses produits. Elle doit être en priorité le moyen pour une formation adaptée et un perfectionnement constant de nos ressources humaines en leur facilitant la maîtrise des techniques et technologies de production puis en veillant à ce que le savoir acquis ait un sens dans l’environnement qui est le leur. C’est dans cette optique que nous avons entrepris au Burkina Faso la création d’écoles de métiers, de lycées scientifiques et professionnels, de centres d’éducation de base non formels (CEBNF) et d’écoles satellites. Nous avons voulu ces innovations comme partie intégrante de la réforme du système éducatif en leur attribuant la vocation d’établir une saine adéquation entre formation et emploi, en insérant l’école dans son milieu sociologique et en l’adaptant aux besoins réels et concrets des populations. L’éducation est devenue une urgence continentale. Éduquer, c’est bâtir le futur. Ce défi doit prendre en compte tout particulièrement les jeunes filles. En cette fin du XXe siècle, elles sont toujours exclues du savoir : le taux d’analphabétisme des femmes africaines s’élève à plus de 65%. Même lorsqu’elles sont scolarisées, on constate un nombre très important d’échecs et d’abandons de filles avant la fin du premier cycle. Or, ce sont les femmes qui éduquent les enfants, leur transmettent les règles et les valeurs communes, les connaissances de base. Ce sont elles qui socialisent l’enfant. Ce sont elles qui stimulent son intelligence, sa curiosité, sa créativité.  Un enfant vivant dans un milieu fermé avec une mère analphabète est un enfant handicapé dès le départ. Les femmes prisonnières des coutumes et des traditions du fait de leur analphabétisme ne transmettent pas le savoir et leurs enfants courent le risque de vivre la sclérose de l’ignorance jusqu’à la fin de leur vie. Nous devons mettre l’accent sur le droit légitime des femmes et des filles à l’éducation. C’est un principe de démocratie. L’inégalité entre l’homme et la femme est un constat à l’échelle mondiale mais ce phénomène est amplifié là où es femmes sont analphabètes. Les hommes qui savent lire et écrire disposent alors d’une arme supplémentaire pour maintenir les femmes sous leur férule.  Le rôle des femmes est devenu si crucial pour notre développement à tous qu’il faut agir vite. Le plan d’action pour l’éducation des filles dont la mise en œuvre est en cours au Burkina Faso a cette vocation supérieure de stimuler la scolarisation des filles et d’élever sensiblement leur taux de scolarisation. Déjà on observe en la matière une légère amélioration des statistiques. 


Pas de commentaire
Laisser un commentaire



Laisser un commentaire

RelaxAntoiZen |
guérir-autrement |
Olivier Ange |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mutuelle senior
| مرحب...
| Le Blog de Xavier