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Les masques au Burkina Faso
20 août, 2010, 6:50
Classé dans : Non classé

Quelques explications sur les masques et les ethnies  

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   Le masque Bedu, Koulango image36.png

Ce type de masque peut mesurer jusqu’à 2m50 de haut et peser jusqu’à 50 Kilos. Ils sont portés par des jeunes gens et sont souvent dansés en paire (un mâle et une femelle). Ils sont dansés à l’occasion des fêtes funéraires mais aussi des fêtes de la moisson : ils sont censés protéger les hommes contre le mauvais sort, les maladies et la stérilité. Les masques masculins comportent deux cornes qui s’inscrivent dans un cercle complet ou presque et sont ornés de décors triangulaires sur cette partie haute (c’est le cas du masque présenté ici).
Les masques féminins comportent des éléments décoratifs beaucoup plus complexes sur la partie supérieure. Les perforations sur le bas du masque servent au danseur à se diriger et à respirer. 

   Le masque DO ou DOYO : masque Hibou. image45.png

Région de HONDO -ethnie BWA -Burkina FASO. Ce masque représente le hibou, son visage rond dont le crochet signifie le sexe mâle, symbolise la fertilité. Il apparaît après les récoltes de mil mais aussi pour les funérailles de quelques anciens importants de la famille de ce masque. Le DOYO danse au son de balafons, flûtes et tambours accompagné des chants des femmes griotes. C’est un masque très gentil qui n’attaque pas les gens. Il danse de loin en faisant trembler tout son corps et s’accroupit en déposant tout son costume sur le sol. Ce masque protége le village contre les mauvais esprits, donne la santé au nouveau né et provoque le mariage entre les jeunes.

   Le masque Bobo. image54.png

Sculpté d’une seule pièce de bois, ce masque antilope est empreint d’une grande finesse et d’une évidente rigueur esthétique. Remarquable par la taille de ses cornes, ce masque était admiré par les Kurumba pour sa beauté et la puissance de ses performances. Il dansait essentiellement lors des festivités agricoles qui avaient lieu au début et à la fin de l’hivernage. Comme pour leurs voisins Dogon, il pourrait également avoir été utilisé lors de cérémonies funéraires pour transporter les âmes défuntes hors du village. Lors de ces cérémonies rituelles, le masque, alors inerte et profane, devenait l’attribut d’un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n’est qu’au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité. Il trouve alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole des anciens.

   Le masque Bobo buffle.  image63.png

Ce masque représente un buffle. Il est sculpté de motifs géométriques, et de cercles concentriques autour des yeux. Le danseur portait également un lourd costume de fibres. La forme du masque et les motifs géométriques constituent les éléments d’un système de communication basé sur les symboles. Ceux-ci varient non seulement d’un groupe à l’autre, mais aussi au sein d’un même village. Pour le profane, ils représentent les esprits de la brousse (su) agissant comme intermédiaires entre les ancêtres et l’humanité. Aux yeux des initiés, le masque prend un sens plus profond : il est un rappel de l’ordre social, politique et religieux propre à sa communauté.
Ce masque était utilisé pour apporter fertilité, santé et prospérité à la communauté et à son détenteur. Il dansait pour éloigner les mauvais esprits, et participait aux différentes cérémonies initiatiques et funéraires.

Le masque antilope Kurumba.

Au nord du pays kurumba, les masques cimier de l’antilope hippotrague, appelée Adoné, soigneusement peints de riches motifs, au long cou majestueux, interviennent surtout lors des cérémonies de levée de deuil des chefs de terre. L’âme errante du défunt est captée par le masque qui en constitue le siège et l’autel. Cette antilope est l’animal totémique de la plupart des clans Kurumba. Les sculpteurs et les porteurs de ce masque se recrutent essentiellement au sein de ces clans. Ce privilège renforce le pouvoir religieux des clans détenteurs de masques qui sont considérés comme les descendants directs des ancêtres fondateurs de la société kurumba. 

Ces masques cimiers s’appelle Adoné, l’antilope femme du héros civilisateur Yirigué, principale divinité des Kurumba, ancienne population aujourd’hui acculturée aux Mossi. Des objets de ce type étaient utilisés lors de danses funéraires, regroupant plusieurs porteurs de masque, ou pour des cérémonies propitatoires agricoles.

Le masque papillon : Dando Région de Boni – ethnie BWA – Burkina Faso. 

Le masque en forme de papillon, apparaît dans des cultes de fertilité et après les moissons. Il rappelle que ces insectes apparaissent en gros essaims juste après les premières pluies.  Lorsqu’ils dansent, chaque mime l’animal totémique qu’il représente : les masques à tête d’antilope (koba) vont se cabrer, piaffer et trépigner sur place en donnant de grands coups de cornes, les masques papillons vont virevolter et se tapir un moment, comme s’ils s’étaient posés sur une fleur, puis repartir en tourbillonnant, à la manière de l’insecte. Les fonctions des masques dans les sociétés africaines en général et au Faso en particulier 

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Dans un grand nombre de sociétés humaines, en Europe, en Asie, aux Amériques, comme en Afrique et en Océanie, le masque est universellement connu. En Afrique noire, il l’est aussi depuis la nuit des temps : on le trouve déjà représenté dans certaines peintures pariétales du Tassili, en Algérie, témoignant d’une époque pendant laquelle le Sahara Oriental était encore habité par des populations noires, ou du Tibesti et de l’Ennedi au Tchad. Dans la majeure partie du continent africain, le masque reste encore de nos jours l’une des expressions privilégiées qui a donné lieu à une impressionnante variété de formes, de matériaux et de styles. C’est surtout dans la période coloniale que l’Europe a découvert le masque africain et l’a abondamment exporté dans ses galeries et ses musées, en ne considérant le plus souvent que sa tête en bois sculpté et en le mutilant du reste de son costume. La découverte du masque africain par quelques intellectuels et artistes européens au début du XXème siècle a joué cependant un rôle très important dans l’histoire de l’art moderne. Par projection de sa vision de l’art sculptural, l’Occident a donc surtout considéré le masque africain dans sa dimension esthétique et artistique plutôt que dans sa fonctionnalité au sein de la société qui le crée et qui l’utilise dans un ensemble d’actes sacramentels qui assurent son équilibre, objet d’une perpétuelle quête. En Afrique de l’Ouest il est un pays particulièrement riche en masques spectaculaires, c’est le Burkina Faso. A partir de l’exemple du Burkina Faso, nous évoquerons les différentes fonctions du masque en Afrique. Les exemples donnés peuvent se retrouver dans chacune d’entre elles car les masques ont le plus souvent plusieurs fonctions dans la société. De toutes les formes de relations que l’homme entretient avec lui-même, avec ses semblables ou avec le monde, il n’en est pas une à laquelle le masque n’ait servi.

  La fonction liturgique 

image84.pngLe masque en Afrique est toujours perçu comme un être sacré, d’essence divine. C’est la vision cartésienne des choses apportée par l’Occident qui fait qu’il est aujourd’hui perçu comme une chose. Nous nous conformerons par commodité à cette vision. Le masque est dans les sociétés qui l’emploient un réceptacle d’une puissance invisible. Il est à ce titre capable d’aider l’homme dans ses différentes quêtes de la vie. C’est dans ce sens que le masque est avant tout une puissance tout court, ce qui explique son emploi comme autel. Il peut en effet recevoir des sacrifices en sang et en nature. Pour toutes ces raisons, le masque est craint et respecté, ce qui justifie sa sacralité.

  La fonction politique 

image94.pngLe masque est une force, incarnation visible de l’invisible. En tant que principe de culte détenu par un groupe social différent que les détenteurs du pouvoir politique (les chefs, les rois, etc.), il est pour eux un puissant moyen d’action et de pression. Le masque en tant que force divine a naturellement des interdits : exemple, il est interdit de pleurer un décès survenu lors de la sortie des masques. L’on bannit également à cette occasion tout conflit entre groupes et individus : les contrevenants sont impitoyablement punis. Pendant tout le temps que durent les sorties de masques, ce sont les masques qui gouvernent la société. Les détenteurs des masques, conscients de ce privilège, en profitent pour s’imposer et rappeler leur présence dans la société. La fonction de cohésion sociale Le masque bien que sacré de nature, reste associé à la danse. Ce spectacle fascinant attire les foules. Quelle que soit la cérémonie qui autorise la sortie des masques, elle offre une occasion de danser et d’égayer le village et donne lieu à de nombreux attroupements, à des scènes de liesse populaire. Au sujet du masque, tout le groupe social fait un autour de lui. La sortie des masques est le seul événement qui rompt toutes les frontières entre les hommes, unit princes et roturiers, femmes et hommes, jeunes et vieillards, étrangers et autochtones. Tous se réunissent dans la joie et la gaieté pour voir danser ce qui est craint. C’est un moment de communion de tout le groupe. Cette réalité décrite est vraie pour toutes les régions culturelles du Burkina Faso et de nombreuses autres régions d’Afrique noire. Au moment de la sortie des masques, toutes les différences se taisent et laissent place en un mot à la reconnaissance de valeurs communes. Par ailleurs, en fonction des alliances (mariage, amitié, fraternité, etc.), des cérémonies comme celles des funérailles, les fêtes commémoratives ou les réjouissances organisées au cour de la saison sèche, entrainent le déplacement de certains masques, venus de villages voisins : à cette occasion, dans le village où les masques se produisent, c’est une opportunité pour les compatriotes de ces masques de se retrouver autour d’eux. 

  La fonction éducative 

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 La personnalité et l’emploi du masque ont une signification très particulière. Les nombreux interdits qui l’entourent rendent également complexe sa connaissance. C’est pourquoi, dans les sociétés qui l’emploient, des rites sont organisés qui introduisent à sa compréhension. C’est notamment par l’initiation ou «  école de brousse  », que les significations du masque sont enseignées au groupe de ceux qu’on appelle «  les initiés  ». Dans les écoles des masques, l’initiation a une ou plusieurs étapes et varie d’un groupe social à l’autre. Au Burkina Faso, le savoir sur les masques chez les Mooré (Moose, Mossi), les Nuni (Nunuma, Gurunsi), les Bwamu (Bobo-Wule, Bwa) est dispensé aux jeunes initiés en une seule fois. Chez les Bobo Madare (Bobo-Fing, Bobo), l’initiation au culte des masques se déroule en deux étapes correspondant à des niveaux différents d’enseignement. Chez tous ces peuples, au cours de l’initiation, selon les différents degrés d’un enseignement qui s’élève, on dispense les connaissances touchant les origines des masques, les interdits, les cycles de sorties périodiques, les recettes pratiques sur la préparation des couleurs, des fibres, des tuniques, touchant l’endurance physique et morale, etc. L’initiation aux masques est une véritable socialisation de l’individu dans sa société. 

  La fonction ludique  image117.pngLe caractère ludique du masque est le paradoxe d’une tentative de replacer ce dernier dans une dimension essentiellement fonctionnaliste. Toutefois, à ses origines, le masque est associé à la danse, à la fête, donc au jeu. Le masque est porté au cours de sorties de danses. En reproduisant les origines des masques (car au début l’homme rencontre le masque comme un être étrange le fascinant par ses danses spectaculaires), l’homme ne fait que perpétuer la tradition. C’est pourquoi, parmi les masques des Nuni (Nunuma, Gurunsi), on trouve le groupe des «  bwana-wané  », c’est-à-dire les masques de jeu ou masques de distraction, par opposition aux masques sacrés dits masques anciens ou «  wankr  » en nuni. Ceux-ci ne sortent qu’à des moments importants. » Ce qui est intéressant dans cette fonction, c’est que les «  bwana-wané  » sont le prétexte pour créer toujours de nouveaux masques. Ce qui nous autorise à penser que la fonction ludique du masque est le terrain fertile de la créativité. En effet, si l’on interdit toute modification des masques anciens («  wankr  »), les masques «  bwana-wané  » sont des créations renouvelées par les jeunes gens qui sont les principaux porteurs des masques. Toutefois, cette possibilité d’invention ne doit pas être la porte ouverte à la déviance ou au désordre : on créera toujours à l’intérieur d’un style propre au groupe ; autrement dit, cette création reste étroitement contrôlée par les Anciens, garants des traditions plastiques du groupe. 

Les masques Karinsé

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Ces masques relèvent de la famille générique des masques typiques des Karinsé ou masques à lames.  Dans la vie courante, le droit de grâce est exercé par un Ministre qu’on appelle le Weemba. Le chef suprême des Ministres chargés de la grâce est toujours une femme. Quand on voit ces types de masques à lames dominés par une femme, c’est donc un masque de pardon, c’est donc un masque qui ne peut pas faire du mal. En quelque sorte, un masque avocat qui ne peut que solliciter ou la grâce ou le pardon entre les hommes.

Les masques Nouni 

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Masques des peuples Nouna : Sissili, Sanguié, Mouhoun, Sourou

Les Nouni constituent un peuple connu surtout à l’extérieur par ses masques occupant une zone du centre ouest du Burkina Faso au sud ; ils vivent sur les villes et régions suivantes : Tigan, Tierkou, Tisse, Serena, Zamo, Zawara, Pouni, Silly, Kassou, To, Sapouy, Leo.  Le masque est un intermédiaire entre Dieu et les hommes, entre les vivants et les morts d’où leur rôle essentiel en matière de saisons, en matière funéraire et en matière d’initiation, pour la formation des hommes à la vie.  Mais le masque aussi participe de la vie quotidienne des hommes ; il peut ainsi apparaître pour des réjouissances.  Le principe du masque, sa force vitale est le «  SU  ». Les masques ont une configuration variée à multiples colories ; il en existe à lames ou à ailes, il en existe des zoomorphes (antilopes, lions, buffles, singes, etc.). Le masque dans son individualité en mouvement est le «  Wamo  » ; la tête sculptée mais non en action est le «  Yiroure  ».  Le masque est un objet de culte, relevant du sacré en quelque circonstance que ce soit. Les Nouni des provinces de la Sissili, du Sanguié, du Mouhoun et du Sourou constituent une des plus vieilles sociétés à tradition de masques et du Burkina et de l’Afrique. Les masques Nouni au delà du caractère religieux (croyance en un Dieu de la brousse dans le sens du travail aratoire) contribuant à l’éducation et à la formation de l’homme. Il constitue une école permanente où s’accomplit la socialisation de l’individu à travers des rites triennaux.  Les masques Nouni relèvent de trois domaines : Les masques à fonction exclusivement religieuses, les masques à thème, et les masques de clôture et de sécurité.

   Voici quels exemples de masques Nouni :

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Zenidja 

Il signifie «  le bienfait n’existe plus de nos jours  » en langue nouni. Le Zeninja est une longue tête qui dénonce l’ingratitude de certaines personnes. Malgré cette ingratitude, il recommande l’amour, la fraternité entre les hommes, car un jour ceux qui font le bien seront récompensés.    Dalkan  C’est «  la femme Dioula  » en Nouni. C’est un masque célèbre qui décrit la beauté de la femme de rêve ; l’amour idyllique est représenté par un masque qui en même temps renvoie aux origines des rapports commerciaux avec les marchants Dioula. C’est le masque de l’introduction d’autres modes de vie dans la société. Il est le plus fréquent dans les villages.  Djandjelou 

C’est un masque représentant un insecte aux quatre pattes en forme de triangle. A le voir sa démarche est toute une gymnastique pour l’esprit humain. Cependant l’insecte lui-même n’éprouve aucune peine. L’homme doit accepter de comprendre qu’il n’est qu’un élément parmi tant d’autres dans l’univers. Il doit se soucier de son propre sort qui fera de lui ce qu’il est. Il doit néanmoins respecter les autres éléments de la création.     Pabio  C’est le «  Bélier  » en Nouni. Il symbolise la faune domestique très utile à l’homme. La particularité de cet animal est dans le combat qu’il peut livrer à un autre. La violence n’est pas la seule affaire des êtres humains. Dieu l’a étendu à toutes ses créations. L’homme a besoin de la force pour se nourrir et se défendre.Poupolo-Da-DjanadumSon sens est «  la terre est vaste, resserrons nos rangs, vivons dans l’unité  ». C’est un masque toujours impressionnant de la catégorie des thèmes et des réjouissances.

  Les masques Bobo 

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Les Masques de l’ouest du Burkina sont sacrés mais relèvent aussi souvent d’objets utilisés pour des réjouissances populaires. Ils sont variés, multiformes ; ils sont aussi présents au sein des traditions secrètes des villes comme des campagnes.  Ils sont donc bien entendu porteurs de secrets, lesquels doivent perdurer pour le respect des âges et des civilisations. Ce sont des objets de cultes sacrés et à ce titre méritent le respect car étant l’objet de profondes vénérations populaires. 

Quelques exemples : 

  Le masque dit «  Disque  » (Région de Houndé)  image192.png Le masque dit «  Disque  » est l’âme du village dont la sortie est précédée du sacrifice d’un coq blanc. Toute la vie sociale s’articule autour de ce masque. Il est interdit aux femmes de le regarder en face à moins d’être de la cour qui l’abrite et sous réserve d’autorisation spéciale et expresse. Le tiapalo, boisson locale accompagne les rites. Il peut être sollicité au masque la réalisation de certains vœux (souhait de maternité en cas de stérilité ancienne, de santé pour les maladies graves, de bon voyage si on quitte pour les contrées inconnues, etc.) avec la promesse de lui offrir un animal (mouton ou bœuf). Le malheur frappera celui qui après satisfaction refusera de s’exécuter.

  Masque Toussian (Toussiana) 

Le masque Toussian règle la vie sociale. Il bénit les céréales pour les semences. Si les récoltes sont bonnes, on lui offre un poulet blanc avant toute consommation. Il sort chaque fois qu’un ancien du village meurt et procède à des rites pour son repos. Il supervise les circoncisions, éloigne le mal, apporte la santé et la formation adulte aux initiés. Il est dans le groupe social la garantie de la paix. Il avise les avertis de la mort prochaine des anciens. Ce masque est utilisé également pour l’initiation des jeunes de la vie. Il participe aux funérailles des vieux. Ordonne dans les rites d’inhumation la présence d’animaux tel que la chèvre et l’utilisation de la boisson locale «  Ko Ko Kou  ».  La matière utilisée pour sa confection est spéciale et relève de rites réservés. Un élément de la société doit disparaître après la confection du masque. La vue du masque pendant les rites est interdite aux enfants, aux jeunes filles ou femmes qui n’ont pas encore enfanté sous peine de stérilité définitive. Aussi à sa sortie la nuit, les femmes et les enfants concernés quittent le village. Les funérailles auxquelles participe ce masque durent trois jours au terme desquels une famille est désignée pour le conserver pendant une année. Généralement le plus ancien du village est désigné. La vue de ce masque n’est autorisée en dehors des anciens qu’aux femmes du groupe des forgerons qui seules doivent pourvoir à la ration quotidienne en eau potable des masques. Avant de coucher le masque, on tue des poulets qui n’ont pas de plumes. Des rites s’opèrent par leur chair, de la cola, un balai et un morceau de tissu traditionnel, le tout est déposé à l’entrée d’une fourmilière éloignée du village. Après les danses, les cordages de la robe sont ramassés religieusement afin d’éviter le contact du feu ce qui constituerait un malheur pour le masque de la région. Il est le protecteur des enfants contre les maladies infantiles. A chaque nouvelle saison (nouvelle année) on lui offre un poulet rouge pour le bonheur de la collectivité ; avant un voyage on sollicite sa bénédiction et sa protection. On pose dès lors sa main sur lui en lui formulant des souhaits pour un bon voyage, un bon retour, une santé sans faille à toute la famille.

  Masque dit « Papillon » (région de Houndé)

Le masque dit Papillon est dans la région le plus grand acteur de saison. En hivernage, il est celui qui intercède pour qu’il pleuve. Des sacrifices, des rites sont constitués de poulets noirs. Il apparaît également à la naissance des jumeaux. Le secret est jalousement gardé par le patriarche du village qui le transmet par cooptation liée à l’âge, toujours du plus ancien au plus ancien en suivant. L’un des outils les plus sacrés attributs est sa canne. On utilise celle-ci pour les soins des maladies incurables mais aussi pour conjurer le sort ou jeter un sort à l’ennemi du village.

  Gograoua (Masque Bélier – région de Bobo-Dioulasso)

image202.pngCe masque a pour fonction de lutter contre les adversités de l’homme (calamités, fléaux de la nature, épidémies, ennemis du village).   

  Les masques dans la littérature

Les masques ont inspiré de nombreux écrivains ou poètes. Cette page propose quelques extraits d’œuvres :  Prière aux masques Masques ! Ô masques !
Masque noir, masque rouge, vous, masques blanc – et noir -
Masques aux quatre points d’où souffle l’Esprit
Je vous salue dans le silence !
Et pas toi le dernier ancêtre à tête de lion.
Vous gardez ce lieu forclos à tout rire de femme, à tout sourire qui se fane.
Vous distillez cet air d’éternité où je respire l’air de mes pères.
Masques aux visages sans masque, dépouillés de toute fossette comme de toute ride,
Qui avez composé ce portrait, ce visage mien penché sur l’autel de papier blanc à votre image,
Écoutez-moi !
Voici que meurt l’Afrique des empires ; c’est l’agonie d’une princesse pitoyable.
Et aussi l’Europe à qui nous sommes liés par le nombril.
Fixez vos yeux immuables sur vos enfants que l’on commande,
Qui donnent leur vie comme le pauvre son dernier vêtement.
Que nous répondions présent à la renaissance du monde,
Ainsi le levain qui est nécessaire à la farine blanche.
Car qui apprendrait le rythme au monde défunt des machines et des canons ?
Qui pousserait le cri de joie pour réveiller morts et orphelins à l’aurore ?
Dites, qui rendrait la mémoire de vie à l’homme aux espoirs éventés ?
Ils nous disent les hommes du coton, du café, de l’huile.
Ils nous disent les hommes de la mort.
Nous sommes les hommes de la danse, dont les pieds reprennent vigueur en frappant le sol dur. » 
Léopold Sedar Senghor :  » Prière aux masques  » Tiré de  » Chants d’Ombre  » 1945 


Un commentaire
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  1. Mady

    superbe tout çà tout çà………….
    Attendons ton retour pour avancer sur tes propositions
    Amicalement Mady



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