Pour aider celles et ceux qui dans le monde n’ont peu ou pas accès aux soins

Pour tenter de mettre un terme à ce blog ….
21 août, 2010, 9:10
Classé dans : Non classé

   Au départ, cette modeste tentative d’écriture avait pour seul projet d’apporter un regard autre sur l’Afrique de l’Ouest que celui du « Petit Fûté ».

     Il n’est pas question de remettre en cause l’intérêt que représente pour le voyageur ce type de manuels favorisant l’approche touristique du Burkina : je m’en suis pour ma part volontiers servi dans mes pérégrinations « ouagalaises » ou provinciales et ils m’ont semblé incontournables.

Mais trop souvent, j’ai ressenti qu’ils n’abordaient que la face apparente de l’iceberg (si l’on peut employer ce terme pour une contrée sahélienne !!) : « The Dark Side Of The Moon » des Pink-Floyd demeurait secrète, méconnue : par exemple des questions aussi importantes que « ce que c’est d’être Peul  » , ou bien pourquoi au XXIème siècle, époque où la dialectique matérialiste chère à Hegel n’a jamais été aussi prégnante, les « bonnets rouges » peuvent démonter en quelques minutes ce que des scientifiques, des positivistes auront mis des heures à tenter de faire comprendre et pour lesquels ils auront au terme de leurs efforts été certains de la bonne acquisition de l’information ou de la formation ; chacun et pire encore chacune sait bien en Afrique de l’Ouest la caractéristique insupportable des mutilations sexuelles des petites filles par exemple, ou le mariage forcé, ou les conséquences de la polygamie, et pourtant cela perdure paradoxalement, jusqu’à torturer cent-vingt millions de femmes à peu près sur le continent africain ; et le Wak, le maraboutisme, le langage des tam tam et des masques, les forces des religions et de l’animisme en particulier : tout cela fonctionne aujourd’hui encore à merveille, beaucoup mieux qu’internet…

     Je ne pouvais pas occulter le but essentiel de ma fonction au sein d’un organisme humanitaire prestigieux, qualificatif qu’il mérite grandement ; j’ai donc abordé dans ma narration lors d’un survol rapide la nature de ma fonction – soigner des grandes malnutritions d’enfants et les consquences désastreuses des maladies qu’elles engendrent – et abordé les problèmes techniques complexes que cette calamité véhicule.

     Pour quelques pages plus personnelles, le désir était trop fort de faire partager la vie quotidienne parfois surréaliste au pays du Faso.

     Bien sûr il fallait aussi tenter d’approcher le cœur des formes d’expression -littéraire, graphique, musicale – et de l’immense compétence des artisans burkinabé !
     Ces peuples que l’occident affuble de l’adjectif « tiers-mondistes » ou plus diplomatiquement « émergents » sont par certains aspects formidablement exemplaires. A ne vivre de rien, dans une nature où à priori tout est hostile, au sein de sociétés complexes et qui n’ont aucune envie fondamentale de simplifier les règles du jeu, dans des pays où s’attacher aux objets n’a aucun sens car les objets y sont rares et dérisoires hormis ceux omniprésents qui constituent l’art, on pourrait s’attendre à de la souffrance outrancière ; mais voilà il n’en est rien ! Non seulement les burkinabé transpirent la joie de vivre mais ils la communiquent et c’est évident que l’on apprend à rire de bon cœur de tout à leurs côtés, réellement, sans mimétisme et sans démagogie. Car si le matérialisme est illusoire, tout est dans le relationnel et ce que cela apporte est incroyablement gratifiant.

   Lors de mes précédentes approches du Bukina-Faso, jusqu’alors je n’avais que côtoyé ces gens, je demeurais à côté d’eux ; d’ailleurs ce blog n’avait au départ aucun autre dessein que de raconter en spectateur. Et puis, peu à peu, j’ai bien senti qu’il s’est mis à sourdre de ses lignes sans que ce fut une réelle décision un sens différent des mots, c’est à dire :  » vous voyez, compagnons d’ici, ce que vous vivez me concerne au plus haut point « . En quelque sorte je ne serai pas un père noël de plus, même si je sais que je ne pourrai pas parfois faire autrement que de m’affubler de ce déguisement, « sponsorisant » ainsi à mon tour et à mon corps défendant la Coca-Cola Company, ainsi que la politique de Muhtar Kent, son richissime PDG. »

     Je suis donc venu rencontrer des traditions, des personnages, une histoire passionnante (Ô ! Combien !) – mais complexe (Ô ! Combien !!!)

     J’ai passé mon temps à tenter de ne pas tricher ni mentir ; j’ai trouvé au Faso des gros et des maîgres, des grands et des petits (et même beaucoup de tout petits trop maîgres …), des corniauds et des génies, des riches (pas beaucoup, mais très riches…) et des pauvres (beaucoup, et très pauvres), des hommes intègres et d’autres qui ne le sont pas, ou plus, ou qui peut-être ne l’ont jamais été ! Le chanteur dirait « j’y ai veillé à n’y pas mélanger les torchons avec les serviettes, les curés et les généraux, les maréchaux (ceux-là, je n’en ai vraiment pas connu beaucoup, et même pas du tout !) et les poètes (nettement plus en quantité, surtout ceux qui ignorent qu’ils en font partie !).

     Le temps passant, certaines et certains m’ont accepté et tolèrent ce que je suis et que je n’ai pas tenté de cacher, voulant bien que je partage leur quotidien en acteur et non plus en spectateur… Et dès ce jour là beaucoup de ce qui m’était désagréable s’est éclaircit, et certainement tout ce qui n’est pas échanges aux autres est devenu relatif ; mon pantalon n’est plus repassé depuis longtemps, voire présente un trou conséquent… , et de plus je porte toujours le même ? La belle affaire ! Il n’y a plus d’eau au robinet depuis trois jours ? A  l’arrivée cela paraissait insupportable, puis on apprend à en rire quand on le raconte.

    L’Afrique, surtout celle de la misère, c’est une thérapie à grande vitesse et tout ce qui n’est pas échanges et partages devient méprisable. Je ne sais pas encore très bien quel nouveaux modelages je vais afficher pour proposer une nouvelle apparence, mais je sais très clairement ceux que j’ai gommés et que je continuerai de gommer encore dans le futur. Je soupçonne mieux la part de moi qui ne sera pas dans l’avion de retour, celle que j’abandonnerai sans scrupule dans une poubelle sur le tarmac de l’aéroport de Ouaga… Et il était plus que temps ! J’aurai dû jeter cette partie il y a quarante ans et gagner ainsi de précieuses années à ne pas supporter le poids des futilités !

     Si d’aventure, amie, ami, tu veux tenter l’expérience de découvrir cet « ailleurs » autrement, tu seras le ou la bienvenue et je veux bien tenter de partager avec toi ces quelques petits bouts d’impressions que j’ai capitalisés… Il y a ici tellement de choses à voir, à entendre, à sentir, à goûter, à échanger, à haïr, à aimer, à admirer, à mépriser, qu’un touriste ne découvrira jamais ou bien qu’il effleurera comme un papillon, ou pire comme un cloporte : je veux dire celui là même que  Kafka a engendré de manière si sublime !!! 

    Burkina Faso, pays des hommes aussi intègres que désintégrés, je t’aime sûrement autant que je te déteste, mais je sais que jamais je ne te mépriserai…


                                                                                     Jean-Pierre Caillon

* NB : Ce que va devenir ce blog : un document papier bien entendu mais il faudra pour le réaliser prendre le temps de le revoir, supprimer les éventuels doublons, le corriger, reconstruire autrement l’iconographie présentée ici pour une composition à diffuser sur le web et non pour un livre. Il faudra aussi collecter les nombreuses références bibliographiques, iconographiques, et citer la provenance des textes reproduits ou de la trame qui a abouti à une nouvelle construction à partir de ces documents. Ces archives sont des livres empruntés ou achetés, des articles de presse aimablement proposées par les archives nationales burkinabé, et le web également.

Quant à sa diffusion, il ne sera jamais question de dédommagement financier personnel. Je suis venu vivre au Burkina pour une action MSF et c’est donc MSF qui en sera dépositaire et en définira l’usage qu’il souhaite en faire ; je demanderai tout juste s’ils souhaitent l’éditer quelques exemplaires non proposés à la vente destinés à mes amis, à ma famille, aux amis du Burkina, aux associations humanitaires de toutes origines ou confessions qui oeuvrent pour cette région du monde et qui désireront cet ouvrage.

*RNB : Pour ce qui est de raconter cet épisode de vie, quoi de mieux que faire la fête pour partager : toute autre forme de réunion serait terriblement ennuyeuse. Voici donc le challenge que je me propose de mener pour se faire : inviter dans ma maison des artistes de haute pointure pour qu’ils nous fassent partager avec leur immense compétence et leur formidable joie de vivre leur amour du Burkina à travers une ou des soirées informelles, gratuites, ouvertes aux curieux, aux amis, à la famille, aux amoureux de la musique en général et des musiques du monde en particulier, et bien entendu pour des raisons pratiques cela se ferait dans la région du Languedoc-Roussillon où je vis. En voici un avant goût sous forme d’une affichette à complêter selon les disponibilités du Groupe, en sachant d’ores et déja que si cela se passe, ce sera forcément en octobre ou tout début novembre 2010, et lors d’un week-end pour faciliter les déplacements des spectateurs du nord !

L’union d’artistes burkinabés autour d’un projet commun

image118.pngLe groupe Fasodjenkafô se produira pour la première fois en France lors d’une tournée durant les mois de septembre et octobre.

Originaire du Burkina Faso, le groupe met en scène un mélange détonnant de musique, de chant et de danse. Son univers, ancré dans la tradition, est toutefois l’expression d’un art métissé.

Les différents artistes qui forment le groupe pensent que leur rôle n’est pas seulement de divertir le public, mais aussi d’apporter leur pierre à la lutte contre toute forme d’injustice et d’abus.

Aussi, dans le souci de créer un spectacle qui traite de thèmes d’actualité, les paroles de leurs chansons sont une dénonciation de l’exclusion sous toutes ses formes.

Mais c’est aussi, et ne l’oublions pas, un message d’espoir qui donne éclat et fraîcheur à leur spectacle.

Solo Sanou : percussionniste – Né à Koa (Kossi) au Burkina Faso en 1980, il est le fils de Sanou Kouakanou, balafoniste et de Diarra Sanouwé, griotte. Dès l’âge de six ans, Solo est initié par son père à l’art du balafon. Son apprentissage dans la musique se poursuit en Côte d’Ivoire avec l’enseignement du djembé par des maîtres percussionnistes. A l’âge de 13 ans, Solo anime des fêtes traditionnelles et commence l’enseignement de son art. Solo Sanou se produit dans de nombreux groupes ; Afro Reggae, Rock-Funk, musique traditionnelle d’Afrique de l’ouest.

Yaya dembélé : guitariste – La musique de Yaya Dembélé est issue d’un véritable brassage culturel. C’est à travers celle-ci que ce multi – instrumentiste / auteur / compositeur / chanteur nous livre ses compositions basées sur des rythmes traditionnels du Mali. Désormais en France, Yaya Dembélé fait partie de la nouvelle génération de grands musiciens maliens. Il chante l’espoir et l’amour, armes fidèles du combat contre l’injustice. Depuis le Mali jusqu’en France, depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui, Yaya Dembélé véhicule une musique gorgée d’émotions et de danse.

Abdoulaye Dembélé : balafoniste – Enfant mythique du Burkina Faso, Abdoulaye Dembélé voit le jour à Bobo-Dioulasso. Issu d’une famille de griots, il apprend dès son plus jeune âge le balafon avec son père et les instruments de percussions avec ses oncles. Depuis lors, Abdoulaye n’a cessé d’améliorer ses qualités musicales.

Yacouba Sanou : percussionniste – Burkinabé, Yacouba est issu d’une famille de Griots, musiciens ambulants, dépositaires de la culture orale africaine. Soliste polyvalent, Arrangeur et Compositeur, Yacouba a joué pendant dix ans au côté du célèbre Soungalo Coulibaly à Bouaké, puis dans son groupe lors de tournées internationales. Musicien d’exception, Yacouba fait partie de la nouvelle génération des maîtres percussionnistes.

Mama Sanou : chanteuse et danseuse – Née au Burkina Faso dans une famille de griots, Mama Sanou grandit à Abidjan. Elle est initiée à la danse dès l’âge de 10 ans, et anime depuis de nombreuses fêtes traditionnelles. A 18 ans, elle se révèle en tant que chanteuse et ne cesse depuis lors d’évoluer dans ce domaine. Elle devient choriste aux côtés de Soungalo Coulibaly, ou encore Mah Kouyaté qui ont choisi de chanter l’amitié entre les peuples, la paix et la prospérité dans le monde.

Adama Coulibaly : percussionniste – Maître percussionniste, Adama Coulibaly, a grandi en Côte d’Ivoire, aux côtés d’un père balafoniste et joueur de Tamani et d’une mère chanteuse. En 2000, il retourne au Burkina Faso où il est né et rejoint diverses formations musicales. Dernièrement, il créé l’association Kolon Kandya en partenariat avec l’association du même nom en Italie, dont l’objectif premier est de développer des richesses artistiques dans un cadre de coopération internationale.

Lucien Annoncia : bassiste – Lucien Annoncia, bassiste, est originaire des Antilles, Guadeloupe. Domicilié en Midi-Pyrénées depuis 1992, il a participé à différents projets de Toulouse qui lui ont permis de jouer la musique d’horizon très varié ; musique malienne, musique chilienne, afro-reggae, chorale de gospel…image29.png

Adama Traoré : danseur – Premier Danseur Chorégraphe du groupe Kolon Kandya, Adama, d’origine burkinabé, est le poumon de la Danse et des Percussions Africaines. Installé en France depuis 2009, il vous fera partager les danses traditionnelles des différentes régions du Burkina.


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